COMPASS MAGAZINE #14
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LA VOIX DE L’EXPÉRIENCE Sir James Dyson, Fondateur et Directeur Général de Dyson Ltd

La Chine est le berceau de la production de masse bon marché. Aujourd’hui, elle est lasse de son rôle d’atelier du monde. Elle veut devenir leader en matière d’invention, de brevets et d’idées.

Le gouvernement chinois est conscient que le véritable profit réside dans le développement d’une technologie de renommée mondiale.

En 2011, la Chine a déposé un quart des brevets mondiaux, et devient leader dans ce domaine devant les États-Unis. Si elle continue à ce rythme et à confirmer leur validité, ces exceptions finiront par devenir la règle.

Toutefois, avant de pouvoir faire enregistrer un brevet, il faut l’inventer. La Chine et l’Inde excellent dans ce domaine, avec près d’un million d’étudiants ingénieurs diplômés chaque année. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont à la traîne. À nous d’éveiller la curiosité et l’intérêt des jeunes pour l’ingénierie, et d’encourager les esprits brillants de demain.

C’est pourquoi, j’ai installé ma fondation à Chicago, où se situe le siège de Dyson. Notre objectif est de motiver les jeunes à penser différemment, à commettre des erreurs et à inventer. On procède de diverses manières : ateliers de prototypage rapide, kits de démontage, clubs parascolaires. Mais surtout, on initie les étudiants au processus de conception et on leur montre que l’ingénierie ne se limite pas aux calculs et aux bonnes notes.

Un tiers des employés de Dyson sont des ingénieurs et des scientifiques spécialisés dans des domaines variés tels que le génie mécanique, électrique, thermique, chimique, acoustique, l’ingénierie des fluides ou encore l’ingénierie logicielle. Nos investissements dans la R&D ont été multipliés par quatre au cours des cinq dernières années. Nous investissons désormais plus de £1.5 million par semaine dans ce secteur.

“Notre objectif est de motiver les jeunes à penser différemment, à commettre des erreurs et à inventer.” 

SIR JAMES DYSON Fondateur et Directeur Général, Dyson Ltd

Les ingénieurs de Dyson ressentent d’abord une frustration. Puis ils se mettent au travail et discutent de leurs idées. Ils ne sont soumis à aucune méthodologie particulière. En réalité, plus ils prennent de risques, mieux c’est. C’est ce que l’on appelle la pensée erronée : avoir une idée si farfelue qu’elle prend de l’ampleur et finit par être susceptible de fonctionner.

Lorsqu’une idée gagnante est conçue, elle doit être produite. La production industrielle est complexe. Les progrès technologiques, l’accélération des coûts de production et l’évolution des chaînes d’approvisionnement ont permis de fabriquer des produits à moindre coût au détriment des biens de qualité. Tout cela évolue néanmoins. La production industrielle est de plus en plus indépendante, elle brise les règles. Les processus se simplifient et se passent d’intermédiaires grâce aux nouvelles formes de financement.

L’invention se démocratise elle aussi. L’impression 3D, par exemple, se perfectionne. On assiste à l’essor d’une production rapide ; les sociétés sont capables de reproduire des pièces dont la conception aurait auparavant nécessité la construction d’outils coûteux. Les jeunes entreprises ont recours à l’impression 3D pour la conception et les essais de prototypes. Cette technologie occupe une place essentielle dans le processus et permet aux inventeurs de peaufiner leurs créations grâce à la conception assistée par ordinateur et de réaliser un modèle en quelques heures seulement. De nombreux fabricants, dont Dyson, procèdent de cette façon.

Les idées nouvelles font progresser la société et sont un facteur de croissance. La créativité favorise les nouvelles technologies comme les véhicules électriques et les moteurs moins polluants. Les concepteurs en herbe ont besoin de notre soutien afin de concrétiser leurs brillantes idées en produits que le monde achètera.

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