COMPASS MAGAZINE #14
COMPASS MAGAZINE #14

LE PLAISIR DE VOLER Concevoir une expérience de voyage améliorée, du début à la fin

De la technologie de visualisation 3D qui permet aux ingénieurs de prévoir et améliorer le confort des passagers des jets d’affaires, aux systèmes futuristes de divertissement des avions commerciaux, en passant par les outils de navigation personnalisés pour mener les voyageurs rapidement à leurs portes d’embarquement, le secteur du transport aérien ne cesse d’améliorer l’expérience passager.

Lorsque le constructeur américain Gulfstream Aerospace développe les jets d’affaires G500 et G600, l’un de ses objectifs est d’offrir une combinaison unique de vitesse et d’autonomie, le cockpit le plus perfectionné du marché et une expérience cabine inégalée. Pour s’assurer de créer la combinaison optimale entre forme, fonctionnalité et efficacité, les ingénieurs ont utilisé un environnement de réalité virtuelle immersive, ou CAVE pour Cave Automatic Virtual Environment, afin de procéder aux examens de conception et supporter l’intégration des systèmes.

Le CAVE est équipé d’un projecteur stéréoscopique haute définition pour afficher des images 3D en totale immersion sur les murs d’une pièce cubique.

À différents stades de la conception de l’avion, les ingénieurs utilisent un visiocasque 3D muni de capteurs qui permettent de suivre les mouvements, ainsi qu’un appareil de contrôle pour interagir avec des projections de modèles 3D grandeur nature représentant la cabine de l’avion en temps réel. Ils peuvent ainsi résoudre des incidents à la volée, tester plusieurs conceptions, changer les tissus et autres matériaux pour visualiser l’aspect général de l’appareil choisi par le client.

L’expérience immersive est générée par un logiciel de visualisation 3D en temps réel qui utilise des modèles créés par l’équipe d’ingénieurs en charge de la conception de l’avion. Gulfstream a pour objectif de réduire considérablement les besoins en prototypes physiques onéreux, les ingénieurs développant ce que les clients leur demandent : des avions de différentes gammes qui incarnent toujours l’expérience Gulfstream dans son élégance. Le premier G500 conçu de cette manière devrait être livré en 2018. « Cette application d’ingénierie de premier ordre et très performante, toujours en cours de perfectionnement chez nous, favorise l’accélération du processus de conception », déclare Fernando Toledo, ingénieur chez Gulfstream Aerospace, spécialisé en simulation de réalité virtuelle. « La possibilité pour nous et nos clients d’expérimenter le produit grâce à une immersion totale en trois dimensions photoréalistes est inestimable. »

« LA POSSIBILITÉ POUR NOUS ET NOS CLIENTS D’EXPÉRIMENTER LE PRODUIT GRÂCE À UNE IMMERSION TOTALE EN TROIS DIMENSIONS PHOTORÉALISTES EST INESTIMABLE. »

FERNANDO TOLEDO INGÉNIEUR, GULFSTREAM AEROSPACE

Le CAVE de Gulfstream n’est qu’une illustration de la manière dont les entreprises de l’aéronautique, des fabricants aux aéroports, utilisent la technologie pour améliorer l’expérience des voyageurs aériens, du départ à l’arrivée. L’objectif premier : ravir les clients, se démarquer de la concurrence et réduire le temps et les coûts pour laisser place à l’innovation.

MEILLEURE TECHNO, MEILLEURE EXPÉRIENCE

L’innovation qui suscite l’engouement des clients pour les progrès techniques et une meilleure expérience utilisateur engendre une concurrence féroce entre les constructeurs d’avions d’affaires avec des systèmes de communication et de divertissement en vol similaires voire supérieurs à ce que les consommateurs apprécient au sol.

Le groupe canadien Bombardier est le premier constructeur d’avions d’affaires à offrir le système de connectivité par satellite JetWave Ka-Band développé par Honeywell Aerospace sur certains de ses modèles à long rayon d’action, dont les Bombardier Global 5000 et Global 6000. Avec un lancement prévu en 2016, ce nouveau système permettra aux passagers de jets d’affaires de bénéficier d’une connectivité Internet haut débit en vol.

Selon Yann Barbaux, directeur de l’innovation chez Airbus, les compagnies aériennes commerciales subissent la même pression de la part de leurs clients, qui les poussent à utiliser plus rapidement de nouvelles technologies. Par conséquent, Airbus souhaite écourter la durée du cycle d’intégration en termes d’innovations sur tous les appareils qu’il construit, passant d’une période de deux à trois ans à une durée de quelques mois seulement. Afin d’atteindre cet objectif, le constructeur aéronautique a davantage recours à l’automatisation et à la robotique. « Face à la progression constante des technologies numériques, nous souhaitons nous imposer comme chef de file », affirme Y. Barbaux.

British Airways entend également se positionner comme leader. La compagnie aérienne commerciale a réaménagé avec succès sa cabine première classe sur le nouveau Boeing 787-9 Dreamliner qu’elle exploite. Celle-ci accueille désormais des suites individuelles permettant aux passagers un divertissement de « porte à porte », sans avoir à ranger leur télévision au décollage et à l’atterrissage. Le divertissement en vol est contrôlé à l’aide d’un nouvel appareil mobile, semblable à un smartphone, intégré dans le fauteuil. Les passagers peuvent connecter l’appareil mobile comme un second écran, leur permettant d’utiliser une option du menu, telle que la carte en mouvement, tout en regardant un film sur l’écran fixe de 58 cm. Des coffres de rangement discrets adjacents aux accoudoirs dissimulent des prises de courant.

L’EXPÉRIENCE À L’AÉROPORT

Au sol, la connectivité dans les aéroports devrait être renforcée à l’automne 2015. Un groupe de travail conjoint entre des aéroports, des compagnies aériennes et la SITA, fournisseur de services de communications et d’informatiques à l’industrie aéronautique, devrait publier un ensemble de normes et de règles de gouvernance définissant la façon dont la technologie sans fil doit être utilisée dans les terminaux aéroportuaires.

Lorsqu’un passager se trouve à proximité d’un iBeacon – transmetteurs compacts alimentés par une batterie et fonctionnant en Bluetooth, situés à des endroits stratégiques du terminal –, une application développée par la compagnie aérienne ou l’aéroport se lance sur son téléphone mobile. À l’aéroport Gatwick de Londres, des balises identifient les voyageurs par leur smartphone et leur indiquent la direction de leur porte d’embarquement, les boutiques ou les restaurants situés en chemin, à la manière d’un GPS.

Certains aéroports, dont l’aéroport international de Dulles à Washington, utilisent des systèmes de reconnaissance faciale afin d’accélérer la procédure de contrôle des passeports. Objectif : rendre les aéroports plus accueillants, accélérer les déplacements, permettre aux passagers d’interagir avec leur environnement et, aussi incroyable que cela puisse paraître, faire en sorte que les voyages en avion redeviennent agréables.

de Tony Velocci Retour en haut