COMPASS MAGAZINE #14
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ÉQUIPEMENTS INDUSTRIELS ORGANISATIONS INTÉGRÉES : Travailler à l’unisson améliore la compétitivité des fabricants d’équipements industriels

Les produits, les chaînes d’approvisionnement et les attentes de consommateurs toujours plus sophistiqués soumettent les fabricants d’équipements industriels à une pression intense. 

Compass a interrogé Mike Evans, fondateur de Cambashi, sur les stratégies à appliquer pour gérer la complexité croissante de cette industrie.

COMPASS :  Quels sont les défis des fabricants d’équipements industriels ?

MIKE EVANS :  Ils doivent accélérer la mise sur le marché de nouvelles machines plus sûres et plus fiables tout en réduisant les coûts. Ils doivent également respecter des normes strictes et des réglementations draconiennes.

Les clients exigent par ailleurs que les machines soient plus performantes que jamais avec des systèmes de contrôle, des capteurs et une automatisation avancés permettant des fonctionnalités toujours plus nombreuses. Cette complexité accrue, dont la gestion représente un véritable défi, a pour conséquence une concurrence plus difficile. 

Comme la plupart des entreprises aujourd’hui, les fabricants d’équipements industriels doivent être connectés au sein et à l’extérieur de l’entreprise à l’échelle mondiale. De nombreuses entreprises qui géraient en interne les ventes, la conception, l’ingénierie et l’installation externalisent désormais ces spécialisations. Mais coordonner de multiples flux d’informations s’avère problématique. Et si ces flux ne sont pas connectés, on gaspille main-d’œuvre et capital en réitérant des tâches et des erreurs dans l’ingénierie et la production.

Comment les fabricants d’équipements industriels peuvent-ils gérer cette complexité afin de fournir au client une meilleure expérience ?

M.E. : Les entreprises forment désormais des équipes centrées sur le client, et dont les compétences et les tâches sont organisées autour des besoins du client. Pour le compte de leurs clients, elles doivent fabriquer et installer des machines opérationnelles à 100%.

C’est un programme ambitieux. Quelles stratégies peuvent aider à l’appliquer ?

M.E. : Clairement, cela nécessite une méthodologie de travail intégrée, qui permet aux clients de voir exactement ce qu’ils achètent avant la fabrication des machines, souvent simulé dans le contexte de leurs propres opérations. Ceci diminue la fréquence des erreurs et augmente la satisfaction des clients.

Dans une méthodologie de travail intégrée, on passe sans discontinuité d’un service de l’entreprise à l’autre. Le service clients, la chaîne d’approvisionnement, les données produits, la mécatronique et les systèmes logiciels sont tous combinés sur une plateforme unique, utilisée par chacun des collaborateurs concernés.

Quels sont les avantages sur le plan commercial et technique ?

M.E. : Synchroniser les besoins améliore l’efficacité, ce qui permet d’intégrer plus de fonctionnalités dans les machines tout en améliorant leur rendement. Ce cercle vertueux est finalisé lorsque la rentabilité engendre des investissements plus conséquents afin de remplacer la main-d’œuvre par du capital. 

Catalyseurs de cette opération, les technologies avancées et intégrées correctement déployées augmentent la précision des machines, leur commande à distance et la construction de machines capables, par exemple, de compenser leur usure automatiquement. Grâce à ces progrès, le rendement des machines est plus élevé pour un coût identique voire inférieur. D’autre part, en connectant les activités de l’entreprise étendue, on élimine le gaspillage. Par exemple, un ingénieur peut superviser et optimiser à distance le fonctionnement et la maintenance des machines de plusieurs sites.

Quels types d’entreprises peuvent tirer le meilleur parti de cette intégration ?

M.E. : Même si beaucoup pensent que l’intégration est le privilège des grandes entreprises, les petites entreprises et les start-up peu ou pas structurées peuvent également en tirer des avantages. Il y a toujours des opportunités, et les retombées en termes de rendement, de productivité et d’avantages concurrentiels peuvent être énormes. Quelles sont les avancées pour les machines proprement dites ?

« LES FABRICANTS D’ÉQUIPEMENTS INDUSTRIELS DOIVENT ÊTRE CONNECTÉS AU SEIN ET À L’EXTÉRIEUR DE L’ENTREPRISE À L’ÉCHELLE MONDIALE. »

Quelles sont les avancées pour les machines proprement dites ?

M.E. :  Les interfaces mécaniques, technologiques et des flux de production tendent à être normalisées, et les machines sont de plus en plus en adéquation avec les systèmes et les personnes qui les fabriquent. Les universitaires étudient activement comment intégrer davantage les logiciels, l’électronique, la pneumatique et des connexions entre les machines, les systèmes et les individus. La résolution de ce défi majeur sera l’assurance d’une prévisibilité et d’une cohérence totales entre toutes les disciplines.

Que doivent faire les fabricants de machines pour être en phase avec ces tendances ?

M.E. :  Mettre en place une base organisationnelle solide, qui touche l’ensemble des fonctions. Les fabricants doivent profiter des technologies à mesure qu’elles deviennent accessibles. Les entreprises qui ont mis en place des politiques assurant une jonction fluide entre l’organisation et les produits sont les mieux positionnées pour l’avenir.

Mike Evans, fondateur de Cambashi, est spécialiste de l’impact économique des applications logicielles sur l’ingénierie, la fabrication et l’automatisation. Sa société, qui intègre les activités de conseil en management et marketing, d’analyse industrielle et d’études de marchés, fournit des services indépendants de conseil aux entreprises informatiques et aux agences gouvernementales à travers le monde.

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