COMPASS MAGAZINE #14
COMPASS MAGAZINE #14

UNE ÉVOLUTION UNIQUE EN SON GENRE Personnalisation et facilité d’évolution au coeur de la nouvelle approche de la mobilité de XYT

XYT, société initialement fondée en 2007 sous le nom de France Craft, construit des véhicules électriques modulaires constitués de seulement 600 pièces - par rapport aux 6 000 à 10 000 pièces habituellement mises en oeuvre. Basés sur une approche de conception modulaire, ces véhicules peuvent être personnalisés et facilement améliorés par un simple remplacement des composants. Compass a interrogé Simon Mencarelli, PDG et co-fondateur de XYT, au sujet des spécificités de la startup, de ses véhicules et de ce qu’ils peuvent représenter pour le marché automobile de demain.

COMPASS : Comment a débuté l’histoire de XYT ?

SIMON MENCARELLI : Nous cherchions à créer des voitures plus économiques à réparer et à maintenir dans le temps. Marc Chevreau, fondateur de France Craft et co-fondateur de XYT, avait déjà été à la tête d’entreprises de carrosserie automobile. En tant qu’ingénieur, il avait l’habitude de travailler sur des voitures et de les modifier. Il a ainsi été témoin de l’évolution des véhicules, dont la réparation est devenue de plus en plus complexe. Son idée était d’envisager une approche modulaire, permettant de simplifier les véhicules de manière à ce qu’une boîte à outils suffise à les réparer.

En quoi la société XYT se différencie-telle des constructeurs automobiles traditionnels ?

SM : Nous voulons permettre aux clients d’améliorer leur voiture. Nos véhicules ont été conçus de manière à ce que l’on puisse retirer certaines pièces et en ajouter d’autres, sans pour autant les endommager. La voiture étant souvent liée au statut de son propriétaire, nous cherchons à en faire le reflet de sa personnalité. À l’image des chaussures ou des vêtements, notre objectif est d’amener la personnalisation dans le domaine automobile.

De quelle manière ?

SM : Il est essentiel de trouver le juste équilibre entre les besoins des clients en matière de mobilité et ce que nous sommes en mesure de leur apporter. Nous voulons être certains d’offrir aux clients l’expérience qui correspond à leurs attentes. Actuellement, nos véhicules ont une autonomie de 100 kilomètres par charge et une vitesse maximale de 100 km/h. Nous disposons de trois châssis pour répondre aux différentes attentes : fournitures au dernier kilomètre, voitures citadines ou navettes (7 sièges maximum). Cependant, nos véhicules ne constituent pas la meilleure solution pour des personnes conduisant sur de longs parcours ; les voitures traditionnelles sont faites pour cela.

Dans quelle mesure le client est-il impliqué dans la conception de son véhicule ?

SM : Ce qui fait la particularité de nos véhicules, c’est la possibilité de les concevoir selon ses envies. Cela fait également partie de notre proposition de valeur : développer notre plateforme grâce à des kits de développement mobilité. Si les clients souhaitent créer leurs propres sièges, ils peuvent choisir le kit d’un fabricant et concevoir eux-mêmes le revêtement de leur choix. Cette approche nous permet de vendre des licences et des services à des industriels, des designers et des fabricants, en vue de développer de nouvelles variantes et de nouveaux accessoires. Notre designer est également un artiste de rue qui connaît un grand succès dans le milieu du graffiti. Nous cherchons à donner un caractère unique à nos véhicules ; c’est la mission de notre designer ou de ses collègues qui ont leur propre style.

Un tel niveau de personnalisation pourrait-il augmenter la longévité de l’automobile ?

SM : La pièce durable fait partie de notre modèle. Les clients peuvent créer leur propre véhicule et le faire évoluer au fil du temps ; nous aurons atteint notre objectif si les utilisateurs conservent leurs véhicules plus longtemps. Dans cette optique, notre source de revenus passerait de la production à la maintenance et aux options d’évolutivité.

Combien de temps nécessite la fabrication d’un véhicule ?

SM : Nous sommes en mesure d’assembler nos véhicules sans robots ni équipements lourds. Il faut compter environ 35 heures pour créer la voiture, ce qui comprend le travail au niveau du châssis ainsi que le soudage de l’acier. L’assemblage final représente quant à lui 27 heures de travail pour une personne seule. À la fin du processus de commande, le système indique au propriétaire que sa voiture sera assemblée à proximité de son domicile, à une date définie et qu’il pourra, s’il le souhaite, assister à la phase finale de l’assemblage.

Le modèle d’entreprise de XYT est extrêmement dépendant des partenaires pour réaliser son potentiel commercial. Pouvez-vous nous parler de vos différentes sources de revenus ?

SM : Nous nous consacrons pour le moment à la vente de véhicules, mais nous souhaitons à l’avenir passer à un business model plus étendu afin de générer plus de chiffre d’affaires. Nous nous définissons comme une place de marché, similaire au concept du secteur des smartphones, où nous créons un écosystème technologique permettant à des tiers de concevoir et de contribuer à la création de nouveaux modèles d’accessoires depuis notre plateforme de véhicules. Ainsi, nous proposons une expérience différente non seulement aux conducteurs, mais également aux contributeurs qui peuvent prendre part à cette démarche en tant qu’artisans ou atelier mobile.

Par la suite, nous envisageons également de développer des offres de publicité et de services pour aller plus loin dans la démarche participative et accroître les opportunités de revenus.

Vous ciblez prioritairement le marché français ; avez-vous toutefois défini un plan de déploiement géographique pour accroître votre nombre de commandes ?

SM : Nous avons opté pour une approche ville par ville plutôt que pays par pays et nous choisirons les différents sites en conséquence. Nous avons suscité un grand intérêt à l’étranger et comptons plus de 750 contacts enregistrés sur notre site Internet ; certains se situent au Vietnam, au Cambodge et en Chine. En ce qui concerne les États-Unis, nous nous sommes rendus à Los Angeles et à San Francisco.

Les nouvelles solutions de mobilité sont souvent axées sur la vie urbaine et ont tendance à délaisser les banlieues ; la démarche de XYT semble aller dans le sens inverse.

SM : Une voiture n’est pas vraiment utile lorsque l’on vit en centre-ville ; le métro et le bus peuvent suffire. En revanche, les personnes qui habitent en banlieue ont besoin d’un véhicule pour se déplacer.

Comment envisagez-vous le paysage de la mobilité de demain ?

SM : Les frontières disparaîtront et nous disposerons d’un large éventail de solutions. Je ne crois pas que l’autopartage suffise à satisfaire nos besoins et je pense que les gens souhaiteront toujours posséder leur propre véhicule. Selon moi, nous allons vers une forme de système hybride où la personnalisation et les services ajoutés occuperont une place de choix. ◆

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by Ursula Watson

XYT à: www.francecraft.fr
 
Modular, Glocal & Secure à:  http://bit.ly/modularglocal